• Bien que ce ne soit pas obligatoire, il est toujours plus sympa d’offrir des cadeaux à sa famille d’accueil en gage de remerciement et d’amitié. Cela permet au contact de se faire plus facilement. Pas la peine de taper la barre haute niveau prix, comme on dit, c’est le geste qui compte. Il faut dire aussi que la France et le Japon sont des pays complètement différents, il est donc difficile de jauger la valeur d’une chose. J’avais parcouru forum sur forum à noter les incontournables sur mes fameux post-It. La nourriture et le made in France sont qualifiés de valeur sûre. La bouteille de vin était revenue à plusieurs reprises mais « Pierre Richard » de surnom, je m’étais dit non de suite. Si ce n’était pas le voyage qui allait casser la bouteille, c’était moi XD Et à y voir de plus près, très peu de japonais s’y connaissent réellement en la matière. Beaucoup ne feront pas la différence entre une piquette et un clos des Papes – Château neuf du Pape.

    Après avoir fouillé internet de fond en comble -ou presque- à la recherche d’indice, j’ai été à la chasse au trésor ! Je me voyais vivre une véritable aventure ! Du genre : calepin à la main, munie de mon éternelle loupe et de ma fidèle équipe d’assistants (ma mère et ma grand-mère), nous nous sommes dirigées vers les lieux de nos soupçons (boutiques et grandes surfaces). Nous avons mené notre enquête au sein de ces endroits afin de trouver quelconques indices qui nous mèneraient tout droit vers ces objets rares qui plairont à nos clients. L’enquête mis plusieurs semaines avant d’être bouclée. Une fois les trouvailles entre nos mains, nous avons reçu une demande de ma mère d’accueil : il lui fallait des magnettes. Mais des magnettes de quoi ? D’Hello Kitty ? D’animaux ? De cartes ? De paysages ? De symboles ? Après avoir planché plusieurs jours sur cette nouvelle enquête, les seules sur lesquelles nous avions mis la main étaient des magnettes « Vache qui rit » pour lesquelles j’ai longuement hésité avant de les embarquer avec moi. Malgré les informations que nous détenions sur nos clients, le doute subsistait : ces objets leurs plairont-ils ? ... (Soupir) Que c’est beau de rêver… Parce qu’en réalité, ce fut extrêmement chiant. Je ne vous le cache pas, parmi toutes les étapes de la préparation de mon séjour, celle-ci fut la plus longue et la plus « périlleuse » que j’ai eu à faire ! Sans rigoler, j’étais contente de leur offrir des présents aux saveurs de mon pays, mais quel casse tête ! A l’accoutumée, j’aime parcourir les rayons des magasins. Pas là. Pas cette fois. J’aurai bien donné ma place à quelqu’un d’autre ! Je pensais sincèrement que cette mission allait être « amusante ». Car si on se penche un peu sur le sujet, cette tâche a tous les aspects d’une enquête : trouver des cadeaux pour des gens que l’on ne connaît pas. Le problème étant que cela relève tellement de la prise de tête que cela ôte très vite le côté « drôle » de l’affaire. Ce qui était rassurant, c’était de se dire que je n’étais pas la seule à passer par là ! Flavie via SMS : « Hey ! J’ai encore rien acheté pour ma famille d’accueil ! XD T’as acheté quoi ? Faut que je me bouge le c** mais je ne sais pas quoi prendre :(  Je pensais prendre ça et ça, t’en penses quoi ? Je ne connais pas leurs goûts » Oui. Ces simples phrases résument en gros la situation. J’en étais presque à la remercier d’être dans la galère tant je peinais aussi de mon côté.

    Finalement, pour mon père et mon frère d’accueil, j’ai pris des bracelets éponge pour le tennis qui est une activité qu’ils pratiquent. Ils ont eu l’air d’apprécier – premier ouf. Okaasan a reçu un baume pour les lèvres Hello Kitty –trouvé au rayon enfant- qui lui a tout de suite donné un grand sourire – je crois que c’est dans la poche ! Au tour des fameuses magnettes… Une « grimace » apparaît sur son visage –ah ben peut être pas en fait. Hormis le « Nan’ desu ka ? » (Qu’est ce que c’est ?) en les collant sur le frigo d’une manière qui accompagnait parfaitement ses mots… Je ne saurai dire si elle a aimé ou pas. Le souci ? Elle ne m’avait pas précisé qu’elle souhaitait des magnettes qui représentaient des paysages… S’attendre à voir une tour Eiffel ou le Mont St Michel et tomber sur une vache rouge complètement hilare, en effet, il y a de quoi se poser des questions. Par contre, ma grand-mère d’accueil fut très agréablement surprise de recevoir quelque chose à tel point qu’elle a eu du mal à s’arrêter de s’incliner me mettant mal à l’aise –surtout que c’est bien la seule personne de la famille que j’arrive le moins à comprendre (on dirait le langage yaourt des persos d'Animal crossing pour vous dire la galère que c'est de la déchiffrer...). Je lui ai offert un foulard made in France qu’elle a trouvé vraiment joli. Quand je lui ai remis ce présent, elle l’a posé, par la suite, à côté d’autres objets. Elle a bien vu que je m’interrogeais sur son geste et elle m’a alors expliqué qu’ici, elle entreposait tout ce qui était précieux à ses yeux –oui, là je peux dire que je suis plus que satisfaite de moi ! … Euh, je voulais dire de nous, évidemment.  Ca m’a beaucoup touchée ! Et pour étoffer le tout, j’ai pris des galettes St Michel (paraît-il qu’ils en raffolent), un pot de Nutella (obligé de leur faire découvrir cette merveille même si ce fut un déchirement de m’en séparer…) et du saucisson sec (mentionné à plusieurs reprises aussi). A voir plus tard, ce que cela donnera. Avec un peu de chance, je pourrai manger l’un d’entre eux mouhahaha ! Le Nutella, prémédité ? Pas du tout x) Bref, concernant l’emballage des cadeaux, il est préférable de le faire soi-même. Au Japon, ils y accordent une grande importance. Le contenant est tout aussi important que le contenu ! Pour ma part, j’ai fait le contraire –puisque je vous dis que je ne suis pas cinglée. J’ai tout mis dans des petits paquets très mignons - je voulais leur épargner l’atrocité de mes emballages grossiers- et c’est passé comme une lettre à la poste !

     


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  • Bonjour à tous ! こんにちはみんな!

    Je m’appelle Charlotte, j'ai 21 ans et je vis près d’Amiens dans la Somme. Je suis actuellement en train d’effectuer les démarches pour réaliser un petit rêve que j’ai depuis la fin du collège : partir étudier au japon tout en connaissant l’hébergement en famille d’accueil, rien de mieux pour vivre à la japonaise à 100% et pratiquer la langue! Et si on passait au pourquoi ?

    Présentation

    Pourquoi ce blog ?

    Avant tout pour donner des nouvelles à mes proches et afin qu’ils puissent suivre mes aventures dans le pays du soleil levant ! Et pourquoi pas, donner aussi l’envie à d’autres personnes de connaître cette expérience extraordinaire que je m’apprête à vivre !

    Pourquoi Charen ?

    Pour la petite histoire, tout commence par 試練 Shiren qui veut dire « Tribulation ». Le « Shi » se transforme en Shya, qui est mon surnom qui peut être lu de cette manière en japonais, et le dit surnom lu en français : Cha’ de Charlotte -si, si- Je tiens à remercier Gigi de m’avoir aidé à trouver ce nom. Il m’avait donné pour mission d’en trouver un pour mon blog en une journée. Je voulais faire dans la simplicité pour qu’il soit plus facile à retenir pour mes proches, sauf que tout ce que j’ai trouvé après une bonne heure à me creuser la tête, ce sont tous des trucs à rallonges, avec des mots japonais très compliqués que moi-même je ne retenais pas forcément. Ce fut un échec total. Au moment de faire mon rapport à Gigi, il me claque ça en 4 minutes top chrono : Charen. Je sais, quasiment personne voit de qui il s’agit mais moi je vous le dis, c’est un Génie !

    Pourquoi le Japon ? Ben oui, c’est vrai ça, pourquoi le Japon ?

    Combien de fois me suis-je retrouvée face à ces airs ahuris me dévisageant et qui se demandaient « ai-je vraiment bien saisi ce qu’elle m’a dit ou c’est moi qui ai des hallucinations auditives ? » C’est vrai quoi, pourquoi aimer le Japon ? C’est loin, c’est le pays des sushis, des mangas, des objets en tout genre, c’est le pays où ils ont tous les yeux bridés et où ils n’écrivent pas comme nous. Alors pourquoi ?

    Le Japon, avant, ne m’évoquait strictement rien, hormis un pays sur la carte du monde. Rien ne me disposait à ce que cela me passionne. Puis, il vint ce fameux jour. Ce jour là, mes cousines m’ont alors montré une espèce de livre qui se lisait à l’envers avec des jolis dessins (« Chobits » pour les curieux). Ce n’est qu’après ce jour que j’ai compris que ce que je regardais toute petite, c'est-à-dire « Fruits Basket » et « Card captor Sakura » étaient des mangas. Vaut mieux tard que jamais ! (Mais au jour d’aujourd’hui, je ne lis quasiment plus de mangas pour ne pas dire plus du tout.) Puis, naturellement, je suis tombée sur les animes en japonais. Premier contact avec la langue japonaise. Ce fut le coup de foudre. J’ai donc voulu apprendre le japonais, mais du haut de mes 13/14 ans, me retrouver seule face à tous ces étranges signes, j’ai jeté l’éponge direct.

    Début lycée, j’ai commencé à m’intéresser au Japon. Ce fut les paysages d’abord qui m’ont conquise (vive google image !). Puis, je me suis mise à lire des livres sur le shintoïsme, à en apprendre plus sur l’histoire du pays qui m’a fasciné de plus en plus (P-Y, si tu passes par là, OUI je t’ai rendu ton magazine), j’ai eu la chance de faire connaissance avec des gens qui sont partis là-bas et qui m’ont raconté personnellement leurs histoires. Ce qui me marque le plus dans tout ça et me force l’admiration, c’est ce modernisme qui arrive à se mélanger parfaitement avec leur culture, leur tradition. Je trouve cela incroyable. Tout ça est bien beau mais comme tout pays, il a aussi ses points négatifs. La difficulté que rencontrent les étrangers à s’intégrer à la société, des lieux publics leurs sont fermés, la présence omniprésente des tremblements de terre et autres catastrophes, la condition de la femme et j’en passe. Mais malgré tout, cela ne change rien. Tout cela me redonne l’envie d’apprendre la langue.
    Je me lance avec toute la volonté que j’ai avec pour seul allier les livres… Autant dire que ce n’est pas tâche facile, surtout lorsque l’on veut s’initier aux Kanjis (là, c’est la jungle : entre les différentes significations, les lectures on-yumi et kun-yumi, le respect de l’ordre des traits etc., il y a de quoi se claquer la tête contre son bureau –si, si) Puis, grâce à une personne, j’ai connu mon premier correspondant avec qui je suis encore en contact à l’heure actuelle. Un beau jour, je suis tombée sur un livre qui m’a énormément aidé à me lancer dans l’apprentissage des Kanjis (« Lire et écrire le japonais » Larousse, bien que je ne trouve pas leurs histoires de dessin très claires), j’ai pu en apprendre beaucoup et ainsi acquérir une certaine confiance. J’ai vite su atteindre un niveau où j’étais capable de tenir une conversation avec mes correspondants. (Ben oui, il faut suivre ! J’en ai 3 : un sur Kyôto, une à Tokyo et une à Yokohama). Malheureusement, mes études après le BAC m’ont pris énormément de temps, j’ai du laisser le japonais de côté, et maintenant diplômée, je me retrouve quasiment au point de départ (c’est fou ce qu’on oublie vite quand on ne pratique plus). Ce fut décourageant de le constater donc je me suis un peu laissée aller au plaisir de mes parents qui ne m’entendait plus parler en japonais à la maison quoique … leur parler d’antidépresseurs tricycliques, du déséquilibre dopamine/sérotonine qui joue dans les maladies de Parkinson et Alzheimer, de la fibre C amyélinique, des inhibiteurs des alphaglucocidases… ok, ok, j’ai compris je me tais. Finalement… Je me demande s’ils ne préféraient pas m’entendre parler en Japonais xD

    Bref, cela fait des années que je souhaite savoir parler le japonais parce que cette langue, je l’aime. C’est plus fort que tout. Me demander pas pourquoi je l’aime, c’est comme ça. Je la trouve vraiment belle à écouter, belle à regarder (je suis la seule, je pense, à m’extasier AUTANT devant des Kanji - sauf que, quand je les apprends, c’est tout de suite moins drôle -), et je suis heureuse d’être née en tant que française et non japonaise car jamais j’aurai connu telle passion pour ce pays qui puisse me tirer vers l’avant lors de mes moments les plus durs, de me donner ces rêves qui me permettent de m’accrocher et qui me redonnent autant le courage.


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  • Bonsoir!

    Alors avant toute chose, je tiens à m'excuser pour le temps que j'ai mis à sortir cet article mais j'ai eu un cruel manque de temps et mine de rien, c'est que cela demande de l'inspiration x) Et puis vous verrez que ce que je vous ai pondu, ce n'est pas une plaisanterie ! Je vous souhaite de ce pas une bonne et loooongue lecture! :)

    Cette nuit, une nouvelle bataille a éclaté. Mes oreillers ont ouverts les hostilités bien décidés à retourner câliner le sol ! Qu’est-ce qu’ils lui trouvent sérieux ?! Mais cette fois-ci, je m’en foutais un peu car j’avais une arme redoutable que ma mère d’accueil m’avait donnée la veille : la télécommande du climatiseur ! Quand elle m’a présentée cet objet divin, cela fut difficile de ne pas me jeter dessus x) Le paradis … ou pas, la chaleur persiste malgré les assauts de la machine. En même temps, habiter en Picardie, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour s’habituer aux températures élevées… Aux alentours des 4h, la luminosité est venue me dire bonjour – je l’avais zappée celle-là. S’ajoute à cela, l’imposteur de lit qui taille made in Japan – à comprendre que mes pieds dépassent. En conclusion, je n’ai pas mieux dormi. Par contre, à ma plus grande joie, le soleil était au rendez vous ! Parce que des sorties sous la pluie, ça va bien 5 minutes. La sonnerie de mon portable se fit entendre à 5h50. Hop, j’ai pris tout mon arsenal avant de me diriger vers la zone de guerre : la salle de bain. Course contre la montre remportée haut la main ! Petite aparté pour vous aider à visualiser la répartition de la maison. L’habitation se compose de deux « parties ». L’une est habitée par ma grand-mère d’accueil qui vit séparément, au rez de chaussée –ou premier étage version japonaise– et moi-même (mais séparément). L’autre par le reste de la famille qui vit sur l’ensemble de l’étage. Hier, lorsque mes parents d’accueil m’ont fait visiter leur demeure, un moment, ils m’ont dit « Ici c’est la chambre de Otoosan et là, c’est la chambre de Okaasan ! » Pause. Soit j’ai mal compris ou soit j’ai bien compris sans comprendre : ils dorment séparément ?!  Pourquoi ? Ils ont divorcé mais vivent encore sous le même toit ? Ou alors cette chose que j’ai entendue est belle et bien réelle ? Ce truc en question, c’est qu’une fois mariés et la famille agrandie, ben c’est le néant entre le mari et la femme… J’ai beau avoir été mise au courant, ça a eu son effet de surprise quand même. Bref, fin de l’aparté. Mon petit déjeuner m’attendait sagement sur la table. Celui-ci était de nouveau composé d’une portion sucrée et d’une portion salée. Comme la veille, je n’ai mangé qu’en compagnie d’Otoosan et d’Arata. Cette fois-ci, j’allais faire un bon bout de trajet avec Otoosan. Il m’a appris que pour se rendre sur son lieu de travail, il prenait la même ligne que moi. Ou plutôt devrais-je dire, c’est moi qui prends la même ligne que lui. A 7h15 précis, on a décollé de la maison pour rejoindre la gare d’Inagi en voiture. Bizarre. Bizarre de s’asseoir à la place avant gauche en tant que passager. Bizarre de rouler sur la voie de gauche. Bizarre que ce soit mon père d’accueil qui m’apprenne le japonais à partir de l’anglais alors qu’entre lui et sa femme, c’est bien lui qui ne sait pas trop parler cette langue. Sans parler de l’accent… « A donto » m’a-t-il dit dans le train… A donto ? C’est quoi de ça ? Ça se mange ? « A donto » me répéta-t-il avec un air étonné tant ça lui paraissait évident. Oui, ben je ne voyais toujours pas en attendant xD Il m’a alors sorti son tout petit carnet de note bleu foncé et il m’a écrit au crayon de bois « I don’t » Aaaaaaah ! I don’t ! Mais oui ! Voyons Charlotte, quelle évidence ! Comment n’ai je pu ne pas deviner ? Hum x) Alors, certes, mon accent anglais n’est pas génial – bien que pas mauvais non plus - mais certainement meilleur que le sien. Je lui avais donc indiqué la prononciation à adopter comprenant de ce fait pourquoi je ne saisissais strictement rien de ce qu’il me racontait. Tout le long –du moins quand il avait assez d’espace pour pouvoir effectuer des gestes de la main de quelques centimètres d’amplitude- il s’est mis à noter des mots qui lui venaient à l’esprit en anglais avec la traduction en japonais à côté pour améliorer mon vocabulaire. Il prenait tellement plaisir à me faire ses minis cours improvisés que cela rendait le trajet plus agréable – non seulement j’étais de nouveau emprisonnée dans cet amas de population mais en plus, une aisselle me servait de décor… Je vous passe les détails. Lorsque l’arrêt « Sasazuka » fut annoncé, il me réexpliqua le reste du trajet que j’avais encore à effectuer pour m’éviter tout désagrément –ils font vraiment preuve de prévoyance. A Sasazuka, mon père d’accueil me fit signe de la main accompagné d’un « Ittekimasu » (j’y vais), et il disparut dans la foule qui sortait du wagon. Mon arrêt était le suivant. J’appréhendais rien qu’à son nom : Shinjuku. La fameuse gare immense m’attendait de pied ferme. Ce qui n’a servi strictement à rien car tout s’était bien passé même si j’avoue que c’est stressant d’être comme une statue à regarder les panneaux pendant qu’autour de toi gravite une véritable fourmilière. Je sais, je me mets la pression pour pas grand chose – à croire que j’aime ça. Bref, les cours se sont bien passés. Hitomi-sensei emploie la méthode du bourrage de crâne pour nous faire avaler un maximum de vocabulaire. Dés le matin, c’est légèrement indigeste surtout quand tu es à moitié somnambule. Mais ça a le mérite de porter ses fruits ! Comme on dit, c’est le goût de l’efficacité. Par contre, mon poignet apprécie moyennement d’écrire à vitesse réelle les kanas… Au moins, au sein de la classe, on est tous dans le même panier ! Parfois, je n’ai pas le temps de recopier le tableau : à peine marqué que c’est déjà effacé ! Je lève donc le bout de mon nez pour interroger mes compères, quant à savoir quelle est la suite de la leçon, mais arborant la même expression que moi, je comprends bien vite que nous sommes tous largués ! Fort heureusement pour nous, Hitomi-sensei est compréhensive et n’hésite pas à faire marche arrière. Arrivée bien vite, la derrière heure de cours s’est effectuée en la présence de Yumiko-sensei. C’est une prof que j’apprécie beaucoup – bon ok, je les aime tous. Mais elle est exceptionnelle. Sa façon de s’exprimer est juste énorme ! Pour ceux qui regardent des animés… ben c’est exactement ça. Et c’est un réel plaisir car elle nous enseigne l’expression orale ! Que demander de plus ?

    Le repas du midi s’est déroulé dans le quartier d’Asakusa –qui était notre visite de l’aprem’. Asakusa, c’est LE quartier historique de Tokyo, très traditionnel et qui a su garder ce côté culturel sans pour autant l’altérer. Au repas du déjeuner : des sobas !

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Les Sobas bien cadrées!

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Photo de groupe

    Ce sont des nouilles de sarrasin que l’on peut consommer aussi bien chaudes que froides. Comme je suis saine d’esprit et qu’il fait 27 degrés dehors –sans oublier le taux d’humidité à vous étouffer un bœuf - j’ai décidé de les manger… chaudes ! Celles-ci sont accompagnées d’une soupe chaude et d’oignons émincés. On ajoute ces derniers dans le bouillon puis on fait tremper ces sobas avant de les manger –ou de les dévorer. Une fois le plat bien au chaud dans l’estomac, il ne reste plus qu’à rajouter de l’eau chaude dans le reste de soupe et d’en boire une partie. A ne pas finir parce que c’est mauvais pour la santé paraît-il. Que dire ? J’ai aimé mais pas au point d’adorer non plus. Ma jupe, quant à elle, semblait avoir fort apprécié à la vue des 4 ou 5 tâches qui la décoraient – à croire que le nombre de pois blancs qui l’ornent ne lui suffisaient pas. Ce qui a eu l’effet de mettre en « panique » la guide qui nous accompagnait tout au long de la journée. Étant assise à côté d’elle lors du repas, à chaque fois que je me faisais une tâche, elle se précipitait sur l’une des serviettes afin de la tremper avant d’essuyer ma jupe tout en me jetant un regard amusé. Ils n’ont pas l’air de s’en rendre compte, mais pour nous occidentaux, c’est tout un art de se délecter de nouilles en tout genre sans en foutre plein partout. M’enfin, grâce à elle, ni vu, ni connu. Hé hé !

    Une fois sortis du restau, au coin d’une rue, nous sommes tombés sur ces petits distributeurs plutôt étranges, les gachagacha, ayant pour chacun un thème bien précis : sailor moon, zelda etc. Sans oublier la petite touche farfelue qui nous rappelle un peu plus le Japon. Entre les portes clés en forme d’insectes ou les portes clés de petites crottes aux expressions « kawai », il y a de quoi faire ! Ils ne coûtent que quelques yens (ici 500 yens) ou pas –tout dépend si vous vous appelez Flavie, que vous n’avez pas la chance de tomber sur celui que vous souhaitez et décidez de recommencer jusqu’à atteindre l’objectif. Ils permettent de posséder des petits portes clés enfermés dans un œuf en plastique. Cela a de quoi ressembler à ce que l’on peut trouver à l’entrée des grandes surfaces en France, mais les gachagacha en ont plein dans le ventre : ils sont diversifiés, il y en a pour tous les âges, changent régulièrement ceux qu’ils ont à proposer et sont bien souvent en nombre imposant. Aucun risque de les louper !

    Après cette « rencontre », nous nous sommes dirigés vers ce qui rend célèbre le quartier Asakusa : le temple Sensô-ji. A la différence du Meiji-Jingumae, ici, il s’agit d’un temple bouddhiste, le plus ancien de Tokyo. Nous sommes rentrés du côté du Kaminarimon (qui signifie « porte de la foudre »), qui est la principale entrée de ce lieu prisé par les touristes. Il s’agit de la porte externe du temple.

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Des japonais et accessoirement, la porte Kaminarimon

    Sur la photo, nous pouvons apercevoir que de chaque côté, il s’y trouve deux statues qui sont la représentation des dieux Fujin et Raijin – je sais, vous vous en battez les steaks. Au centre, l’imposante lanterne rouge s’y dresse fièrement. Mesurant 3.9 mètres de haut, 3.3 mètres de large et pesant environ 700kg, celle qui illumine ma chambre fait pâle figure ! De l’autre côté, deux autres statues sont aussi présentes. L’une se démarqua de par sa ressemblance avec une personne que je connais –je vous rassure, pas de réel ! Ganondorf dans The Legend Of Zelda ! Ce petit clin d’œil me fit sourire ainsi que Timothée – fan de cette série aussi.

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Sculpture d’un dragon en bois en dessous de la lanterne rouge

     A peine avons-nous dépassé la porte de foudre, que nous nous trouvons dans l’allée commerçante, la Nakamise dôri.

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    Nakamise dori

    Cette longue allée est bordée de nombreuses boutiques d’artisanat, de souvenirs, d’un panel de produits locaux que l’on ne peut trouver qu’ici. Il n’y pas à dire, le 100 yen shop d’hier pouvait s’enfuir tête baissée face à toutes ces beautés, que dis-je, ces merveilles ! Devant chacune de ces toutes petites échoppes, mes yeux brillaient, je bavais littéralement. Pas moins de 90 boutiques, autant vous dire que j’ai eu le temps de me déshydrater ! Le seul regret que j’ai, ce sont mes photos. Impossible d’en avoir une potable avec tout ce monde qui grouillait de partout. Entre le caméraman de tout à l’heure et la petite famille toute choupie, il y a parfois de quoi péter un câble. Moi qui me voyais ramener des photos dignes de cartes postales, je crois que je peux toujours aller courir !  

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Ce que l'on peut trouver dans les échoppes

    Puis vient la porte interne nommée « Hôzômon » voulant dire la porte de la maison du trésor. A l’inverse de sa cousine, celle-ci n’abrite que deux statues qui sont elles aussi des divinités de Bouddha. Ce sont les gardiennes du Sensô-Ji.

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    Hôzômon

    Cette étape passée, nous pouvons découvrir sur notre gauche, une magnifique pagode de cinq étages.

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    Pagode

    Avant de nous diriger vers le temple Sensô-ji, nous étions amenés, si on le souhaitait, à tirer des Omikuji. Pour 100 yens, vous pouvez tirer un de ces papiers qui vous prédira votre avenir ! Voulant toucher à tout, je n’ai pas hésité une seule seconde –bien que j’en voyais pas un grand intérêt de par le fait que je n’y comprendrais sûrement rien. On pourrait me prédire que d’ici deux jours le Nutella viendrait à disparaître que j’en serais contente. Bref, j’ai payé les 100 yens et ai saisi entre mes mains cette boîte métallique qu’il faut secouer. J’y ai tiré un bâton m’indiquant un numéro me guidant ainsi vers l’un des tiroirs renfermant un Omikuji. Le précieux papier entre mes mains, je l’ai dévisagé d’un air sérieux – genre, j’y comprend quelque chose. Le guide me voyant faire la moue, est venu à mes côtés pour y lire ce qui était inscrit. « Wahou  » fit-il. « Wahou ? »  Genre Wahou, trop bien ou Wahou, j’ai de gros ennuis ? « Tu as tiré le meilleur ! C’est génial !! » Parmi ceux de mon groupe, quelques-uns en ont tiré des bons, d’autres des mauvais ! Dans ces cas-là, pour conjurer le sort, il vaut mieux les accrocher – à moins de vouloir passer gentiment pour un maso !

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

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    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Le coin des Omikuji

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Senso-ji

    Après toutes ces révélations sur notre avenir, il était l’heure de laisser place au temple. Ah non ! Pas sans être passé par la case temizuya (fontaine de purification) ! Voyons ! Et pour ceux qui le souhaitaient – histoire d’en rajouter un peu – on pouvait se faire un  « bain » de fumée d’encens qui aurait des vertus bénéfiques. Pour cela, il suffit juste d’apporter la fumée vers soi (corps et visage) et.... et ma foi, c’est tout. Je sais, vous êtes sûrement déçus de ne pas avoir à lire toutes ces étapes rébarbatives qu’il faut suivre au pied de la lettre mais ne vous en faîtes pas, la visite n’est pas finie ! Effectivement, il était maintenant l’heure de prier sans oublier de faire une offrande, c'est-à-dire de jeter une pièce de monnaie dans le sansei-banko.

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Sansei-banko

     Venons-en à la prière! C'est très simple, il suffit de s'incliner deux fois puis de taper deux fois dans ses mains. Tout en étant légèrement incliné, les mains jointes, on ferme bien ses yeux. Pour clore ce rituel, on s'incline une dernière fois. Plus facile de prier que de se purifier! Néanmoins, la façon de prier change selon si l'on se trouve dans un temple bouddhiste ou shintoïste - si, si.

    Par la suite, on s’est dirigé vers l’arrière de la pagode et ce que j’y ai vu était tout bonnement magnifique. A tel point que je ne savais pas quelles photos choisir pour le blog tant j'en ai prise ! Même mon blog a joué les rabats- joie : « Il y a plus de 15 photos sur l’article qui pourrait causer un ralentissement blablabla ! » Rien à faire de ton baratin !

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Pagode et "l'arrière" du temple

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Bouddha

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Les carpes Koi que l'on retrouve dans chaque temple pour le fait qu'elles portent chance

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Un des nombreux petits temples présents

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Voici en grande partie le groupe avec qui je m'entends super bien, dont Tomomi-san que j'ai rencontré aujourd'hui!

    Avant de continuer la visite du quartier, nous étions amenés à faire une petite pause pour ceux qui souhaitaient se rendre aux toilettes. Me concernant, j’avais bien mieux à faire. Tout à l’heure je rigolais, mais pour finir, j’étais réellement en train de me déshydrater. Heureusement, les distributeurs étaient toujours là pour vous servir soutirer de l’argent ! Christopher (un membre du groupe avec qui je m’entends super bien) et moi avions trop chaud que ce fut d’un pas décidé que nous sommes partis à la conquête des boissons en tout genre ! Du moins, lui, pas moi. Trop soif pour prendre le risque de tomber sur un truc dégueulasse. Je suis revenue avec une bouteille d’Evian à la main. Par contre, Chris, c’est son truc, depuis que je le connais – c'est-à-dire hier – prend un malin plaisir à tout tester. Malin… J’ai un doute. Vu la grimace qu’il a faîte dés la première gorgée, il a vite regretté son choix. « Charlotte, passe moi ton eau, je suis en train de mourir là » Oui parce qu’il agonise tout le temps (d’après lui).

    Quelques photos du groupes de lycéennes qui se trouvaient à côté de nous – histoire de passer pour des pervers – et c’était parti pour de nouvelles découvertes !

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Gakusei - Elèves

    Le long du chemin qui nous amenait vers la rivière Sumida, j’étais tombée sur des pêches aussi grosses que des pamplemousses – si,si – et sur des distributeurs de GLACES !!!!!

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Les fameux distributeurs de boissons

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Distributeur de glace

    Non, vous ne rêvez pas, il y a bel et bien des glaces à la pastèque, à la patate douce, à un je ne sais quoi de truc bleu et j’en passe. Une pause le temps de la dégustation et nous avons repris notre excursion. Et parce qu’on dit jamais deux sans trois, nous avons fait une troisième pause une fois arrivés à la dernière destination : la Sumida-Gawa !

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Sumida Gawa et la tour Skytree

    02/09/2014 - Asakusa et une pincée de mésaventure

    Sumida Gawa

    Le soleil commençait de plus en plus à se cacher derrière les nuages. Sur le chemin du retour, le chant –braillement – des cigales se distinguait avec brio. Flavie en a d’ailleurs attrapé une dans ses mains. C’est fou comme c’est gros ces bestioles là ! Le guide nous a aussi incités à rentrer la tête dans une structure bizarre où les fleurs s’épanouissaient à l’intérieur. Je l’ai fait non sans mal – bien trop peur de tomber sur une bête à huit pattes !

    La fin de journée s’achevait avec son lot de surprise et de découverte. Il était maintenant l’heure de retourner chez soi. Ce soir, j’allais prendre le bus toute seule pour la première fois.

    Pourquoi première fois? Car hier soir, lorsque j’étais arrivée à la gare de ma ville, ma mère d’accueil m’y attendait pour prendre le bus avec moi. Elle m’avait indiquée que le mien serait tout le temps le numéro douze. Elle m’avait accompagnée histoire de me lister les différents points de repères devant lesquels j’allais passer avant de descendre. Ainsi, les plus importants sont : la poste (yubinkyoku), l’école (gakkou) - dans laquelle ses fils ont été inscrits, le garage et la supérette « Seven eleven » (konbini). Quant à l’arrêt que je dois prendre, il porte le nom de « Koyodai ». Elle m’avait conseillée de faire bien attention à ce dernier car beaucoup d’entre eux portent cette appellation.

    Dans l’habitacle du bus, j’étais tout naturellement consciencieuse et concentrée. Je regardais à l’extérieur à l’affut des moindres détails qui m’indiqueraient que j’étais sur la bonne voie. La poste me tapa rapidement dans l’œil. Quelques minutes plus tard vint le seven eleven. Cependant, le voir me troubla plus qu’autre chose. Pourquoi ? Parce qu’hier soir, je me souvenais parfaitement en avoir croisé un prés de mon arrêt. Ce qui était le cas à cet instant précis, vous me direz. Mais le nom de l’arrêt était curieux. Il y avait bien « Koyodai » d’inscrit en kanji sur le cadran électronique. Toutefois, il me paraissait étrangement long. Dans la confusion, je me fiais au super marché, après tout, c’était un des points de repère donc zéro risque de se tromper –ne pas avoir le sens de l’orientation m’a appris à avoir une confiance aveugle en ces trucs là. J’étais tout de même sortie du bus avec cette pointe d’incertitude qui pesait sur ce choix. Tandis que le véhicule reprenait son bonhomme de chemin, j’étais plantée sur le trottoir en train de dévisager les alentours. Une chose était certaine : mon arrêt d’hier soir ressemblait à tout sauf à ça xD Cela m’apprendra à fanfaronner auprès de mes proches en hurlant fièrement que j’étais une « vraie » japonaise à ne pas me perdre dans le métro… Et puis fallait bien que ça arrive, sinon ce n’était pas drôle.

    J’ai évidemment remis les pièces du puzzle une à une, maintenant que j’en étais arrivée là :

    1 – Le nom de l’arrêt me semblait plus long que la veille mais il y avait bien Koyodai dans ce dernier.

    2 – Bien que je n’ai pas de mémoire géographique, les alentours ne ressemblaient pas du tout à ceux de la veille puisque j’étais en plein milieu d’une rue alors qu’hier, à l’arrêt, on se trouvait prés d’un carrefour.

    3 – Et l’école ? Et le garage ? Ils étaient passés où dans tout ce micmac ? Je ne les avais pas vus mais j’étais probablement passée devant après tout ? Ou pas… L’école, à la limite, oui –elle possède un aspect qui n’est pas forcément percutant – mais un garage avec une station essence, ce n’est pas quelque chose qui se fond dans le décor ! Si oui… Je crains.

    4 -  Et surtout, il y avait ce seven eleven qui était un de mes points de repères et qui était dressé devant moi de l’autre côté de la chaussée…

    Conclusion : Soit j’avais réellement un souci avec ma mémoire géographique et je suis bel et bien au bon endroit mais la seule chose que mon cerveau ait daigné imprimer, c’est le super marché. Soit c’est lui qui a migré durant la nuit et dans ces cas là, va falloir m’expliquer comment.

    Dans tous les cas, je n’avais aucune idée quant à la route à prendre pour rentrer. Calmement –ou presque - j’ai décidé de faire demi tour pour retourner un peu sur les pas du bus. Peut-être étais-je partie trop loin ? Après tout, le konbini hier soir ne se trouvait pas totalement à côté de l’arrêt. Oui mais non, pas de carrefour en vue. Mode « panique à bord » activé, j’étais revenue devant le seven eleven pour partir dans le sens opposé. Néanmoins, cela n’avait guère était mieux. Toujours pas de carrefour en vue –jamais de ma vie j’aurai pensé qu’un carrefour me manquerait autant. Bref, je ne savais pas où je me trouvais. Re-devant ce foutu konbini, assise sur un banc – ben quoi ? Mes jambes n’en pouvaient plus -, portable à la main, la sonnerie retentissait au creux de mon oreille. Ce fut mon père d’accueil qui me répondit. Pour faire simple, j’ai quasiment rien compris à ce qui semblait être un questionnaire de police. Non seulement les voitures faisaient un défilé de mode couvrant ainsi sa voix et la mienne mais en plus, il usait de son anglais à faire fuir la reine d’Angleterre… Et cerise sur le gâteau, ma mère d’accueil s’égosillait, à gueuler derrière, au lieu de tout simplement prendre le téléphone et me parler, elle qui est professeur d’anglais. Ben non, ce serait trop simple sinon. Avec tout ça, je n’étais pas prête d’être rentrée. De longues minutes se sont écoulées sans que la situation n’ait changé. C’était trop pour moi. Je m’étais levée précipitamment en direction du magasin avec l’idée de passer le portable à l’un des employés pour qu’ils leur disent où je me trouvais. Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ? Au moment où je me tenais devant l’entrée du bâtiment, mon père eut une révélation et arrêta de parler anglais pour passer au japonais - Amen ! Ayant bougée de place, je m’étais éloignée du boucan infernale dont faisait preuve les automobilistes ce qui permis au dialogue de sourd de devenir une conversation des plus banales. Ou presque. « Doko desu ka Chacha ? » (Tu es où Charlotte ?). « Au konbini seven eleven » « Lequel ? » Lequel ?! « Ben au konbini seven eleven ! » « Lequel ? » Oh my god…  Et Okaasan qui s’énervait à l’arrière plan. Au bout d’un certain temps, Otoosan a finit par m’expliquer qu’il allait faire le trajet du bus en voiture pour venir me chercher et que je devais l’attendre sagement où j’étais. Je ne me fis pas prier et allai m’asseoir de nouveau sur le banc de tout à l’heure. J’ai repensé à Okaasan qui était en mode « hystérique » et cela ne me donnait pas forcément l’envie de rentrer. J’allais me faire démonter. Et le pire dans tout ça, c’est que je ne savais même pas comment j’avais fait mon compte pour en arriver là. Au moins, je n’aurais pas loué un portable pour rien ! Au bout de quelques minutes, je vis la Nissan rouge de mon père d’accueil arriver. Mes jambes criaient de joie tant elles étaient fatiguées. Pour ma part, un peu moins. Je sentais que cela allait barder dès que j’aurai mis un pied à la maison. Otoosan fut ravi de me retrouver. Toujours de sa nonchalance naturelle –des fois, il me donne l’impression qu’il va aller embrasser le bitume tant il traîne des pieds-, un sourire chaleureux collé au visage, il me confia son soulagement de m’avoir mis le grappin dessus. Je me confondais en excuses tant j’étais mal à l’aise d’avoir créée cette situation mais il m’assura que tout allait bien, « Daijoubu desu ». Je lui ai donc expliqué ce qui m’avait fait descendre au mauvais arrêt et il m’a répondu le plus naturellement du monde « Mais il y a des Seven Eleven quasiment à chaque coin de rue » Évidemment, voyons ! C’est marrant, j’ai l’impression qu’avec lui, tout est toujours avéré xD Va falloir que je me méfie x) Pas de lui mais de ma mère d’accueil. Elle aime parler. Ça, même sans savoir parler le japonais, tu peux le comprendre direct. Le souci, c’est que bien souvent, elle te pose des questions sans forcément te laisser le temps d’y répondre tant elle a à dire. Et une fois qu’elle t’a mis la main dessus, c’est foutu. Avec son traditionnel pseudo monologue digne d’une pièce de théâtre qu’elle m’a sorti hier soir dans le bus, elle a légèrement zappé ce détail qui avait son importance… Au moins, je suis rassurée, je ne crains pas tant que ça x) Quand je suis rentrée, ma mère s’est mise à gueuler. Pas sur moi. Sur Otoosan. Allez savoir pourquoi. J’avais tout de même un doute mais Okaasan m’a assuré qu’elle n’était pas en colère après moi, mais après son mari. Alors que dans l’histoire, il n’y pouvait rien… M’enfin. Je m’étais de nouveau excusée et idem, on m’a répété que ce n’était pas grave. Même Obaasan (ma grand-mère d’accueil) m’a accueillie avec un sourire de soulagement. Quant au reste de la soirée, elle s’est déroulée de manière semblable à celle de la veille. C'est de nouveau tard que je me couche, demain le réveil va être dur mais je m'en fiche pour une fois. Car je suis heureuse d'être ici.


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